Décrépitude et technologie
Quand on a vingt ans, on ne s’imagine pas de se voir se déglinguer avant la retraite. Et pourtant, je teste en live sur un banc d’essai vivant la décrépitude par restauration technologique.
La première étape qui a commencé dès l’âge de trente ans, c’est le cheveu qui se fait la malle pour aller repousser aux endroits les plus incongrus. Dieu merci, les plus grands laboratoires ont créés la crème dépilatoire pour enlever ce déplacement pilleux disgracieux.
Arrive le problème de ne plus arriver à lire mon écran 21 pouces avec une résolution de 800×600 pour avoir trop utiliser les écrans cathodiques par le passé. Pas de problème, on nous invente l’écran TFT de 10000 lumens et les lunettes à verres progressifs inrayables et incassables pour contrer la focale de mes yeux qui ne fait plus l’autofocus.
Puis arrive l’explosion par gourmandise de bonbons de deux dents qui partent en morceaux pour ne laisser que du vide dans ma bouche de quarantenaire. Mais grâce à la technologie dérivée des tuiles de navettes spatiales, on me pose ce jour même deux dents de synthèse pouvant tenir les pressions extrêmes de la mastication et le tout monté sur pivot en titane. Fini les pots pour bébés et retour au Carambars.
Quand la technologie ne pourra plus m’intégrer pour cause de décrépitude avancée, c’est elle qui se pliera à mes besoins. A l’exemple de ce mobile de Jitteburg One Touch. L’écouteur couvre toute l’oreille et le microphone se trouve à coté de la bouche pour les voix tramblotantes. Outre le côté confort de l’objet, le caoutchouc entourant l’écouteur sert aussi à bloquer les bruits ambiants permettant une meilleure écoute pour mes futures oreilles usées.
Plus de menus ou d’icônes illisibles, l’affichage se fait par ligne et propose des questions simples auxquelles je pourrais répondre en appuyant simplement sur les boutons OUI ou NON. Jitterbug propose deux modèles, l’un avec un clavier de téléphone typique avec gros boutons lumineux ainsi qu’un autre modèle sans clavier. Le Jitterbug OneTouch possède juste trois boutons pour un numéro de service, un deuxième pour joindre un opérateur Jitterbug (USA) et le troisième qui pourra être programmé avec un numéro choisi par moi et qui sera certainement mon futur EMS high tech.
Que du bonheur à venir pour tout vieux geek qui se respecte.