Rendez-vous avec Guarnica
S’il est bien un tableau qui a hanté mon adolescence jusqu’à ce jour, c’est bien le Guernica de Picasso. Ce tableau est entré dans ma vie à l’école lors d’une étude de ce monumental instantané de guerre. Depuis lors, je me suis toujours promis qu’un jour je prendrais rendez-vous avec lui.
Le but de mon séjour à Madrid, c’était lui. Et tel un amant infidèle, je suis parti à notre première rencontre, pour mon premier émoi d’un rendez-vous si souvent reporté.
Dans le grand hall du bâtiment de la Reine Victoria, le plan des quatre niveaux m’informe qu’il se trouve au deuxième étage de cet ancien hôpital madrilène reconverti en musée pour grandes collections.
Il n’est pas judicieux de commencer par La rencontre avant de n’avoir regardé dans les yeux les autres invités de la demeure. Miro, Dali, Braque, Dubuffet. Le ballet des illustres toiles donnent le vertige et de l’émotion à fleur d’épiderme. Seul un absent de marque, Francis Bacon est en voyage pour d’autres galleries de par le monde, dommage.

Guernica de Pablo Picasso (1937)
Arrivant à l’étage convenu, on ne peut voir que lui tant sa taille monumentale absorbe l’espace et le temps. Pénétrant par une entrée qui lui fait face, cette rencontre est plus intense que prévue et l’émotion et la violence de cette toile font sortir des larmes de joie et d’effroi. Cette toile transpire son sujet. On est transporté en 1937 quand la petite ville basque de 7000 habitants, est bombardée le 26 avril pendant une heure et demie par la Légion Condor de la Lutwaffe et qui détruit la ville en tuant plus de 1600 personnes.
Rarement un tableau m’a autant touché par sa violence et sa beauté. Par ses près de huit mètres de large, il me plonge en cinémascope dans le traumatisme de toute les guerres et des violences inutiles
Cette rencontre a dépassé mes attentes par l’émotion qu’ellle m’a procurée. Merci Pablo pour ce terrible et magnifique voyage dans le coeur de l’histoire.